L’essentiel
- Il n’existe pas un seul bon chemin : celui qui vous convient dépend de ce que vous pouvez investir, du temps dont vous disposez et de votre besoin — ou non — de facturer tout de suite.
- En Espagne, l’encadrement des agences de voyages relève des communautés autonomes : les exigences précises, c’est votre communauté qui vous les donne, pas un article sur internet.
- Le prix du voyage n’est pas votre argent. Votre revenu, c’est la marge — et en Espagne, la TVA des agences se calcule sur cette marge.
- Les premiers clients viennent de votre entourage, d’une niche claire et du bouche-à-oreille. Google, ce sera plus tard.
- Commencez avec le strict minimum. Presque tous les outils peuvent attendre qu’il existe des clients pour les justifier.
Un avertissement avant d’aller plus loin : vous ne trouverez ici ni montants, ni délais, ni exigences précises. Ce n’est pas de la paresse. En Espagne, la réglementation du tourisme a été transférée aux communautés autonomes et elle évolue dans le temps ; n’importe quel chiffre lu sur cette page aurait donc toutes les chances d’être faux précisément pour votre cas. Ce que vous trouverez, en revanche, ce sont les décisions qui vous attendent, les démarches qui existent et l’interlocuteur à qui poser chaque question.
Agence en boutique, en ligne ou depuis chez vous : la première décision
Ce n’est pas une question d’esthétique. Ce choix détermine vos coûts fixes, votre façon de trouver des clients et la vitesse à laquelle vous pouvez vous tromper sans y laisser votre chemise. Les trois modèles fonctionnent ; ce qui change, c’est le jeu auquel vous jouez.
Agence avec boutique sur rue
Le modèle classique : un bureau ouvert au public dans une rue passante.
Pour
- La vitrine travaille pour vous : des gens passent, demandent et achètent sans que vous ayez fait le moindre marketing.
- Une confiance immédiate. Certains clients, avec des budgets élevés ou des voyages complexes, ont besoin d’une porte où revenir si quelque chose se passe mal.
- Elle vous installe dans votre quartier ou votre ville, un territoire où les grandes agences en ligne ne mettent pas les pieds.
Contre
- Vous payez le loyer, les charges et les travaux dès le mois zéro, avant d’avoir vendu un seul voyage.
- Elle vous attache à des horaires et à une chaise : pendant que vous tenez le comptoir, vous ne vendez pas à l’extérieur.
- Votre marché est géographique. Vous grandissez si votre rue grandit.
- Elle ajoute des démarches propres au local (licence municipale d’ouverture, accessibilité) que la version en ligne n’a pas.
Agence de voyages en ligne
Sans bureau ouvert au public : vous trouvez vos clients, les conseillez et vendez par internet, par téléphone et en visioconférence.
Pour
- Aucun coût de local : presque tout l’investissement part dans le produit, la marque et la prospection.
- Votre marché n’est pas votre rue. Vous pouvez vous spécialiser dans une niche très précise et la chercher dans tout le pays, voire dans plusieurs.
- Grandir n’oblige pas à doubler la structure.
Contre
- La confiance, il faut la fabriquer : sans visage et sans porte, le client a besoin de plus de preuves avant de vous payer d’avance.
- Attirer du trafic est un métier à part entière. Si vous ne le maîtrisez pas et que vous ne le payez pas, votre site est une brochure que personne ne voit.
- Vous vous battez sur le terrain où les grandes plateformes investissent depuis des années. Gagner sur le prix n’est pas une option ; sur le conseil et la relation, si.
Agence de voyages depuis chez vous
La même activité, avec le domicile de l’activité chez vous et sans accueil du public dans un local.
Pour
- C’est le démarrage le moins cher qui existe : vous pouvez commencer sans quitter tout de suite votre emploi actuel.
- Vous décidez de vos horaires et de votre rythme pendant que vous apprenez vraiment le métier.
- Cela réduit le risque : si au bout d’un an cela ne marche pas, vous ne traînez pas un bail derrière vous.
Contre
- Vous êtes seul. Pas de collègues pour trancher une question de produit, ni personne pour vous obliger à vous asseoir.
- Séparer vie et travail est difficile : les clients écrivent à onze heures du soir et vous êtes dans le salon.
- Il vous faut compenser l’absence de bureau par une présence en ligne, de la méthode et beaucoup de réactivité.
Installer l’agence chez vous n’en fait pas une activité informelle. Les exigences administratives, la garantie et les obligations envers le voyageur sont les mêmes que dans un local : ce qui change, c’est le domicile de l’activité, pas la responsabilité.
Un schéma revient souvent : commencer depuis chez soi ou en ligne, vérifier que l’on sait vendre et à qui, puis ouvrir un local (si tant est qu’il en faille un) quand un portefeuille de clients le soutient. Dans l’autre sens — le local d’abord, les clients ensuite — vous portez le coût fixe précisément pendant les mois où vous vendez le moins.
Indépendant ou société : sous quel statut vous déclarer
On perd énormément de temps ici. La forme juridique compte, mais moins qu’il n’y paraît au début, et elle peut changer plus tard. Ne bloquez pas votre projet six mois pour cette décision.
Vous déclarer comme travailleur indépendant (autónomo)
Vous exercez en personne physique : c’est vous, l’entreprise.
Pour
- Une démarche rapide et peu coûteuse : vous pouvez être opérationnel en peu de temps.
- Des obligations comptables et formelles plus légères.
- Moins de coûts fixes tant que vous facturez peu, c’est-à-dire au moment où cela compte le plus.
- Cela convient bien si vous comptez le cumuler avec un autre emploi au début.
Contre
- Vous répondez des dettes de l’activité sur votre patrimoine personnel.
- À partir d’un certain niveau de bénéfice, la fiscalité cesse d’être la solution la plus efficace.
- Certains fournisseurs et clients grands comptes préfèrent traiter avec une société.
Constituer une société
Vous créez une personne morale (le plus souvent une sociedad limitada, l’équivalent espagnol de la SARL) qui détient l’activité.
Pour
- Elle sépare le patrimoine de l’entreprise du vôtre.
- Elle donne une image plus solide auprès des fournisseurs, des banques et des clients entreprises.
- Elle facilite l’entrée d’associés et la répartition des parts dès le départ, au lieu d’improviser plus tard.
Contre
- La constituer coûte de l’argent et du temps avant d’avoir vendu quoi que ce soit.
- Une comptabilité et des obligations formelles plus lourdes, chaque année, qu’il y ait de l’activité ou non.
- Faire passer l’argent de la société dans votre poche obéit à ses propres règles et a son propre coût.
Attention à un point bien précis du secteur : dans certaines communautés autonomes, la garantie contre l’insolvabilité et certaines exigences peuvent être posées différemment selon le statut sous lequel vous exercez. Confirmez-le avec votre conseil et avec l’administration du tourisme de votre communauté avant de décider, pas après.
Soyons honnêtes : si vous démarrez seul, depuis chez vous, sans savoir encore combien vous allez facturer, il est raisonnable d’envisager la voie la plus simple et de franchir le pas quand les chiffres l’exigent. Mais cette conversation, ayez-la avec un conseil qui examine votre cas, pas avec un guide.
Sous le parapluie d’une autre agence, en franchise ou à votre compte
Il existe une voie que beaucoup découvrent tard : il n’est pas nécessaire de créer votre propre agence pour commencer à vendre des voyages. Vous pouvez le faire en vous appuyant sur une agence qui existe déjà, et cette décision change complètement le temps et l’argent nécessaires pour démarrer.
Comme agent associé à une agence déjà constituée
L’agence titulaire apporte l’immatriculation, la garantie, les assurances et l’accès aux fournisseurs. Vous trouvez le client, concevez et gérez le voyage, et percevez une part de ce qui est facturé.
Pour
- Vous commencez à vendre en quelques semaines, pas en quelques mois.
- Sans l’investissement ni la paperasse liés à la création de votre propre agence.
- Vous accédez dès le premier jour à des accords fournisseurs qu’il vous faudrait des années à obtenir seul.
- Vous apprenez le métier avec un filet, ce qui manque le plus la première année.
Contre
- Vous cédez une partie de la marge sur chaque vente.
- La relation contractuelle avec le voyageur appartient à l’agence titulaire, pas à vous.
- Vous jouez avec ses fournisseurs, ses conditions et ses délais de réponse.
- Un point est à lire à la loupe : ce qu’il advient de votre portefeuille de clients le jour où vous partez.
Ouvrir en franchise
Vous ouvrez sous une marque connue, avec sa formation, sa centrale d’achat et ses systèmes, en échange d’une redevance et de certaines conditions.
Pour
- La marque inspire déjà confiance : vous ne partez pas de zéro à expliquer qui vous êtes.
- Processus, formation et systèmes réglés dès le premier jour.
- Des accords d’achat que vous n’obtiendriez pas seul.
Contre
- Vous payez pour cela, y compris les mauvais mois.
- Moins de liberté pour choisir le produit, les prix et l’image.
- C’est le contrat qui commande : obligations, exclusivité territoriale et, surtout, ce qui se passe à la sortie.
À votre compte, avec votre propre agence
C’est vous l’agence titulaire : l’immatriculation, la garantie, les fournisseurs et la marque sont à vous.
Pour
- Toute la marge est à vous.
- Vous décidez du produit, des fournisseurs, des prix et de la marque sans demander la permission.
- Vous construisez un actif qui vous appartient : le portefeuille de clients et la marque.
Contre
- Toute la paperasse et toute la responsabilité sont à vous aussi.
- Vous partez de zéro en matière de confiance et de conditions fournisseurs.
- C’est le chemin le plus lent jusqu’à la première vente, précisément quand vous avez le moins de réserves.
Beaucoup d’agences qui volent aujourd’hui de leurs propres ailes ont commencé sous le parapluie d’une autre et sont devenues indépendantes une fois leur portefeuille constitué. Ce n’est pas renoncer : c’est réduire le risque l’année où vous avez la plus faible marge d’erreur. Si vous choisissez cette voie, négociez trois choses par écrit : le partage, qui figure comme responsable des données de vos clients, et ce qu’il advient d’eux si la relation prend fin.
Les démarches pour ouvrir une agence de voyages en Espagne : ce qui existe et à qui s’adresser
C’est ici qu’internet regorge d’articles qui vous donnent des chiffres exacts. Méfiez-vous. En Espagne, la réglementation du tourisme est transférée aux communautés autonomes : il n’existe pas d’exigence nationale unique pour ouvrir une agence de voyages. Ce qu’on vous demandera, le nom de la démarche et les pièces à fournir dépendent du lieu où se situe le domicile de l’activité et de la réglementation en vigueur à ce moment-là.
Ce que l’on peut affirmer sans risque, c’est quels blocs de démarches existent, afin que vous arriviez au guichet en sachant exactement quoi demander.
Immatriculation en tant qu’entrepreneur
Déclaration d’activité auprès du fisc espagnol avec le code d’activité qui convient et affiliation au régime des travailleurs indépendants, ou constitution de la société si vous choisissez cette voie. C’est le bloc commun à toute entreprise, il n’a rien de propre au tourisme.
À qui s’adresser : Un gestor ou un conseiller fiscal. C’est la première heure de rendez-vous qui vaut la peine d’être payée.
Inscription ou déclaration au registre du tourisme de votre communauté
Voilà la démarche réellement propre au secteur. Dans pas mal de territoires, elle ne fonctionne plus comme une licence préalable mais comme une declaración responsable, une déclaration sur l’honneur — mais le nom, la procédure, les pièces et les conditions changent d’une communauté à l’autre. Ne prenez pas pour argent comptant l’expérience d’une connaissance dans une autre région.
À qui s’adresser : Le service du tourisme (consejería ou dirección general de turismo) de votre communauté autonome. C’est la source qui fait foi, et poser la question ne coûte rien.
Garantie contre l’insolvabilité
La réglementation européenne sur les voyages à forfait oblige celui qui organise ou vend des forfaits à disposer d’une garantie couvrant le remboursement des sommes versées par les voyageurs et leur rapatriement si l’agence ne peut plus faire face. La façon de la mettre en place (assurance, caution bancaire, fonds sectoriel) et la couverture exigée sont précisées par chaque territoire.
À qui s’adresser : Votre communauté autonome fixe le quoi ; un courtier en assurances spécialisé ou votre banque, le comment.
Assurance de responsabilité civile
Elle couvre les dommages que vous pouvez causer dans l’exercice de l’activité. Elle est courante dans le secteur et, dans certains territoires, elle est expressément exigée, en plus de la garantie contre l’insolvabilité, qui est tout autre chose.
À qui s’adresser : Un courtier en assurances qui travaille avec des agences de voyages. Une police commerce générique ne couvre pas la même chose.
Contrat et information du voyageur
Vendre un voyage à forfait oblige à remettre une information précontractuelle et un contrat au contenu imposé. Ce n’est pas de la paperasse facultative : c’est probablement l’obligation légale la plus souvent enfreinte, par pure méconnaissance. Vous pouvez générer le vôtre avec les données de votre agence dans le générateur gratuit de contrat de voyage à forfait.
À qui s’adresser : La réglementation des voyages à forfait et, pour les questions précises, un avocat. Pour le document lui-même, le générateur gratuit lié plus haut.
Protection des données (RGPD)
Vous allez manipuler des noms, des téléphones, des copies de passeport et, parfois, des données de santé (allergies, mobilité réduite). Vous devez informer le client, disposer d’une base légale pour les traiter et les conserver dans les règles. Plus tôt vous le mettez en place correctement, moins cela vous coûtera de le corriger.
À qui s’adresser : L’Agence espagnole de protection des données publie des guides gratuits pour les TPE et les indépendants.
Si vous ouvrez un local : les démarches municipales
Licence ou déclaration d’ouverture, travaux le cas échéant, accessibilité et affichage obligatoire. Ce bloc disparaît complètement si vous démarrez depuis chez vous ou en ligne, et c’est l’une des raisons pour lesquelles ce démarrage est plus rapide.
À qui s’adresser : La mairie de la commune où se trouve le local.
Où consulter les sources qui font foi
- L’administration du tourisme de votre communauté autonome. Au-dessus de toute autre source, cette page comprise.
- Le texte consolidé de la loi générale espagnole pour la défense des consommateurs et des usagers (décret royal législatif 1/2007), où se trouve la réglementation espagnole des voyages à forfait : texte consolidé sur le BOE.
- La directive (UE) 2015/2302 relative aux voyages à forfait, dont découle ce qui précède : texte sur EUR-Lex.
- L’Agence espagnole de protection des données pour la partie RGPD.
Et si vous êtes en Amérique latine ? Le schéma ressemble plus que vous ne le croyez : dans la plupart des pays, il existe un registre national des prestataires de services touristiques dépendant de l’organisme de tourisme, en plus de l’immatriculation fiscale et des assurances correspondantes. Le nom du registre et les exigences changent d’un pays à l’autre, la règle est donc exactement la même : la source est l’organisme de tourisme de votre pays, pas un article sur internet.
Comment une agence de voyages gagne de l’argent
D’abord, la phrase à garder en tête : le prix du voyage n’est pas votre argent. L’essentiel est du coût fournisseur qui ne fait que transiter par votre compte. Ce que vous encaissez, c’est la marge. Une agence peut facturer beaucoup et gagner peu, et cela arrive plus souvent qu’on ne le raconte.
Commission fournisseur
Voyagistes, tour-opérateurs, réceptifs, hôtels, compagnies de croisière et assureurs vous rétribuent un pourcentage de ce que vous vendez. C’est la base du modèle classique. Ce pourcentage dépend du fournisseur, du produit et du volume que vous lui apportez : il n’existe pas de chiffre standard du secteur, et celui qui vous en donne un de mémoire est en train de l’inventer. Posez la question fournisseur par fournisseur.
Frais de dossier : faire payer votre travail
Des honoraires facturés au client pour concevoir l’itinéraire, gérer la réservation et l’assister pendant le voyage. C’est ce qui sépare l’agence qui offre ses heures de celle qui fait payer son expertise. Beaucoup les encaissent d’avance comme acompte de conception et les déduisent si le client réserve : cela filtre les curieux et paie votre temps même si la vente ne se conclut pas.
Le voyage sur mesure que vous montez vous-même
Vous achetez des prestations séparées (vols, hébergements, transferts, guides, entrées) et vendez un produit qui n’existe sur aucun moteur de recherche, avec votre propre marge. Plus de travail et plus de marge, et aussi plus de responsabilité : si c’est vous qui organisez le voyage à forfait, c’est vous qui répondez devant le voyageur de sa bonne exécution.
Groupes et départs en propre
Mariages, associations, voyages scolaires, groupes d’entreprise, départs thématiques. Un seul effort commercial et beaucoup de places : c’est souvent le changement d’échelle d’une petite agence. C’est aussi là que la gestion dérape le plus vite si vous ne suivez pas au jour le jour les paiements, le rooming et les documents.
Services complémentaires
Assurances voyage, gestion des visas et des documents, transferts, expériences, surclassements. Ils ajoutent de la marge sur un client qui vous a déjà dit oui, c’est-à-dire la marge la moins chère à obtenir.
La récurrence
Le client qui revient et celui qui vous recommande n’ont aucun coût d’acquisition. Dans un métier où prospecter est ce qu’il y a de plus cher, un portefeuille bien entretenu est une source de revenus, pas une liste de contacts morts.
Un détail espagnol qui surprend presque tout le monde au premier trimestre : les agences de voyages relèvent d’un régime spécial de TVA dans lequel l’impôt se calcule sur la marge et non sur le montant total du voyage. Cela change sensiblement le calcul. Confirmez-le avec votre conseil avant de fixer vos prix.
Maintenant vos chiffres, pas les nôtres
Vous ne verrez pas un seul chiffre de revenus dans ce guide, car toute moyenne du secteur appliquée à votre cas serait fausse. Ce que vous pouvez faire, en revanche, c’est saisir les vôtres dans deux outils gratuits et voir ce que cela donne :
- Calculateur de revenus pour agents de voyages indépendants: combien vous devez vendre, et à quelle marge, pour atteindre ce que vous voulez gagner chaque mois.
- Calculateur de marges par voyage: ce qu’il vous reste vraiment de chaque voyage après la TVA sur la marge et le coût de la passerelle de paiement.
Les premiers clients : d’où ils viennent vraiment
Aucun ne viendra de Google le premier mois. Le référencement met du temps, et la publicité payante alors que vous ne savez pas encore ce que vous vendez ni à qui est le moyen le plus rapide de brûler le peu d’argent dont vous disposez. Les premiers clients viennent d’endroits bien moins glamour.
Votre carnet d’adresses
La famille, les amis, d’anciens collègues, le groupe de la salle de sport, les parents de l’école. Il ne s’agit pas de vendre à vos amis : il s’agit que quelqu’un vous donne la première occasion et vous laisse montrer ce que vous savez faire. Un premier voyage bien mené se raconte tout seul.
Choisir une niche et le dire à voix haute
« Voyages sur mesure » ne dit rien à personne. « Voyages de noces en Asie du Sud-Est », « safaris avec de jeunes enfants », « Chemin de Saint-Jacques pour groupes d’entreprise » ou « plongée », si. Quand vous êtes le spécialiste de quelque chose, la recommandation dispose d’une phrase précise à répéter, et vous savez où aller chercher ces gens-là.
La recommandation, provoquée
Le bouche-à-oreille n’est pas une question de chance : il se provoque. En la demandant explicitement quand le client revient enchanté, en soignant l’après-voyage et en lui facilitant la tâche : un message qu’il peut transférer tel quel, un avis en deux clics.
Aller là où se trouve déjà votre niche
Groupes de parents, clubs sportifs, associations culturelles, entreprises de la zone d’activité, organisateurs de mariages si vous visez les voyages de noces. Des communautés où votre client idéal se réunit déjà, avec ou sans écran entre vous.
Les prescripteurs
Des gens qui ont déjà la confiance de votre client et qui ne vous font pas concurrence : photographes de mariage, coachs sportifs, professeurs de langues, boutiques spécialisées. Un accord simple avec deux d’entre eux vaut mieux que mille impressions publicitaires.
Les réseaux sociaux, mais pas comme une vitrine de promotions
Publier des promotions vous met au niveau d’un moteur de recherche, et là vous perdez. Publier votre expertise vous distingue : l’itinéraire que vous avez monté et pourquoi, l’erreur que vous évitez, l’hôtel que vous ne recommanderiez pas. C’est ce qui génère des messages privés, et c’est de là que viennent les devis.
Votre présence locale et votre site, comme actif à moyen terme
Une fiche d’établissement, de vrais avis des clients que vous avez déjà fait voyager, un site qui explique qui vous êtes et ce que vous faites. Cela ne vous amènera pas le client de la semaine prochaine, mais c’est ce qui fait que, dans un an, vous ne dépendrez plus de votre carnet d’adresses.
La partie inconfortable : les premiers mois, vous consacrerez plus de temps à trouver des clients qu’à concevoir des voyages. Celui qui crée une agence parce qu’il adore voyager et découvre que le vrai travail consiste à vendre le vit mal. Celui qui le sait à l’avance s’organise pour cela.
Et un conseil dont on vous remerciera au bout de deux ans : dès le premier jour, notez qui vous a interrogé, ce qu’il demandait et pourquoi il n’a pas réservé. Chaque devis qui n’aboutit pas aujourd’hui est un client dans deux ans, à condition de savoir qui c’était. WhatsApp ne s’en souviendra pas à votre place.
Avec quels outils démarrer (et lesquels peuvent attendre)
La tentation de monter un arsenal de logiciels avant d’avoir des clients est réelle, et elle coûte cher. Voici le minimum réellement nécessaire et ce qui peut tranquillement attendre.
Dès le premier jour
- Une adresse e-mail à votre propre nom de domaine. Quand vous demandez plusieurs milliers d’euros d’avance, une adresse générique vous dessert plus que vous ne le croyez.
- Une page, même une seule, qui dise qui vous êtes, ce que vous faites et comment vous joindre. Avec votre visage.
- Un endroit où vivent les demandes et les clients. Au début, un tableur peut suffire ; ce qui ne peut pas suffire, c’est « c’est dans mon WhatsApp ».
- Un moyen d’encaisser et de facturer dans les règles, avec la partie fiscale réglée avant la première vente.
- Votre contrat et votre information précontractuelle prêts avant de vendre, pas après.
- Vos chiffres au clair : savoir ce qu’il vous reste de chaque voyage avant de l’accepter.
Peut attendre
- Moteur de réservation, connexions XML ou GDS en propre. Pas avant de vendre du volume.
- Une application maison. Cela n’a jamais été le problème de quelqu’un qui débute.
- Des campagnes publicitaires payantes avec un vrai budget. Découvrez d’abord ce que vous vendez et à qui.
- Le rebranding parfait : logo coûteux, papeterie, séance photo. C’est mieux réussi quand vous savez déjà ce que vous êtes.
- Un CRM complet. Oui, c’est nous qui le disons.
Et quand a-t-on vraiment besoin d’un CRM ?
Avec cinq demandes par mois, un CRM ne vous résout rien : un carnet le fait. Le problème apparaît plus tard, et toujours de la même façon : vous avez quarante conversations ouvertes, vous perdez un devis parce que vous n’avez pas relancé à temps, vous ne retrouvez pas le passeport qu’une cliente vous a envoyé en mars et vous ne savez pas ce que vous avez réellement gagné le trimestre dernier.
C’est là qu’intervient Manglar : le CRM pour agences de voyages où vivent les clients, les propositions digitales, les contrats signés, les réservations, les paiements et la marge réelle de chaque dossier. Si vous êtes en train de créer votre agence, gardez-le pour le jour où le problème existera. Nous préférons vous le dire ainsi plutôt que de vous vendre un abonnement dont vous n’avez pas encore besoin.
Par où commencer cette semaine
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, ce dont vous avez le moins besoin, c’est de théorie supplémentaire. Voici les six choses que vous pouvez faire dans les prochains jours et qui font vraiment avancer le projet.
- 1Écrivez ou téléphonez à la direction du tourisme de votre communauté autonome et demandez ce qu’il vous faut exactement pour le modèle que vous voulez monter. Notez le nom de votre interlocuteur.
- 2Asseyez-vous une heure avec un conseiller fiscal pour choisir le statut et faire les démarches d’immatriculation. C’est de l’argent bien dépensé.
- 3Définissez votre niche en une phrase qu’un inconnu comprend du premier coup. Si elle ne vient pas, c’est que vous ne l’avez pas encore.
- 4Faites vos chiffres dans le calculateur avant de vous engager sur le moindre coût fixe. Un bail ne se défait pas.
- 5Parlez à deux ou trois agences qui travaillent avec des agents associés, même si vous ne comptez pas le faire. Vous découvrirez comment le secteur fonctionne de l’intérieur.
- 6Écrivez à cinq personnes de votre carnet d’adresses qui vont voyager cette année. La première vente est souvent plus proche qu’il n’y paraît.
Questions fréquentes sur la création d’une agence de voyages
Peut-on créer une agence de voyages depuis chez soi ?
Oui, et c’est aujourd’hui la façon la plus courante de commencer. Travailler depuis chez vous change le domicile de l’activité et vos coûts fixes, mais cela ne vous dispense ni des exigences administratives ni de vos obligations envers le voyageur : ce sont les mêmes que dans un local. Vérifiez auprès de l’administration du tourisme de votre communauté autonome ce qu’elle exige exactement pour le domicile depuis lequel vous comptez exercer.
Faut-il un diplôme ou une formation particulière pour ouvrir une agence de voyages en Espagne ?
Cela dépend de la communauté autonome et de la réglementation en vigueur, et c’est une matière qui a changé au fil des années. C’est une de ces questions dont la seule réponse fiable vient de la direction du tourisme de votre communauté. Ce qui est vrai partout : sans connaître le produit, les fournisseurs et la réglementation des voyages à forfait, l’activité ne tient pas debout, diplôme ou pas.
Combien coûte la création d’une agence de voyages ?
Il n’existe pas de chiffre unique, et il vaut mieux se méfier de qui vous en donne un sans connaître votre cas. Entre démarrer depuis chez soi comme agent associé et ouvrir un local dans une rue commerçante, l’écart est énorme. Ce qui est utile, c’est d’établir votre propre liste des blocs de coûts qui existent bel et bien (immatriculation et conseil, garantie et assurances, local le cas échéant, outils, marque et prospection) et de demander de vrais devis dans votre ville.
Puis-je vendre des voyages sans avoir ma propre agence ?
Oui : en travaillant comme agent associé à une agence déjà constituée, qui apporte l’immatriculation, la garantie et les accords fournisseurs pendant que vous trouvez le client et gérez le voyage. Vous cédez une partie de la marge en échange d’un démarrage bien plus rapide et moins risqué. Avant de signer, mettez par écrit le partage et ce qu’il advient de vos clients si la relation prend fin.
Vaut-il mieux une agence de voyages en ligne ou physique ?
Aucune des deux n’est meilleure dans l’absolu. L’agence en ligne coûte moins cher à lancer et ne vous limite pas géographiquement, mais elle exige de savoir trouver des clients sur internet, ce qui est un métier en soi. L’agence physique attire seule grâce à sa vitrine et inspire confiance, mais elle coûte de l’argent tous les mois, que vous vendiez ou non. Avec peu de capital et sans portefeuille, démarrer en ligne ou depuis chez vous vous laisse plus d’essais avant d’être à court.
Combien gagne-t-on avec une agence de voyages ?
Cela dépend de combien vous vendez, à quelle marge et avec combien de frais fixes ; c’est pourquoi vous ne trouverez pas ici de moyenne du secteur : appliquée à votre cas, elle serait fausse. Ce que vous pouvez faire, en revanche, c’est le calculer avec vos propres données dans le calculateur de revenus pour agents indépendants et dans le calculateur de marges par voyage.
Continuez par ici
Tout ce qui suit est gratuit et sans inscription. C’est pensé exactement pour l’étape où vous en êtes.
Calculateur de revenus pour agents indépendants
Entrez vos propres chiffres : combien vous devez vendre, et à quelle marge, pour atteindre ce que vous voulez gagner.
OuvrirCalculateur de marges par voyage
Ce qu’il vous reste vraiment de chaque voyage, TVA sur la marge et coût de la passerelle déjà déduits.
OuvrirGénérateur de contrat de voyage à forfait
Le contrat que vous êtes tenu de remettre à chaque vente, généré avec les données de votre agence.
OuvrirLe CRM pour agences de voyages
Pour le jour où les conversations ouvertes dépasseront ce que votre tête peut contenir. Regardez-le avant d’en avoir besoin.
OuvrirQuand votre agence existera, tout cela vous attendra.
Manglar est le logiciel de gestion des petites agences de voyages : clients, devis, propositions digitales, contrats signés, réservations, paiements et marges au même endroit. Rien ne vous oblige à le souscrire aujourd’hui. Mais le jour où vous commencerez à perdre des devis faute de temps, vous saurez où regarder.
Qui publie ceci et pourquoi il n’y a pas de chiffres
Ce guide est publié par l’équipe de Manglar CRM, le logiciel de gestion pour agences de voyages. Nous avons volontairement évité les montants, les délais et les exigences précises : la compétence sur les agences de voyages est régionale en Espagne et nationale dans chaque pays d’Amérique latine, elle évolue dans le temps, et un chiffre erroné ici peut vous coûter une décision d’entreprise. Pour le concret, la source est toujours votre administration du tourisme.
Si vous voyez quelque chose de dépassé, ou qui fonctionne autrement dans votre communauté, écrivez-nous depuis la page de contact et nous le corrigerons. Nous vous en serons reconnaissants.